Mercredi 27
Les jours défilent. Les lectures aussi. Je suis allé chez le médecin hier soir pour me faire prescrire de la malarone, une antipaludéen, on ne sait jamais… Comme je sais que je dois toujours attendre au moins une heure j’ai emmené un bouquin qui trainait dans la voiture depuis quelques temps ; Raymond Depardon et Jean-Claude Guillebaud, La colline des anges, un très beau livre sur un retour au Vietnam qu’ils avaient couvert en 1972 et dans lequel ils reviennent vingt ans après avec des souvenirs violents et des lieux que les événements ont marqué à jamais.
Mais je me pose question. Je ne sais pas pourquoi j’ai commencé ce livre. De la même manière, je ne sais pas pourquoi j’ai commencé Kampuchea de Patrick Deville et de la même manière également que je ne sais pourquoi j’ai ouvert L’élimination de Rithy Panh. Je ne sais même pourquoi je les ai achetés mais le concours de circonstances est étrange. Ces lectures sont violentes et font part d’un monde en déshérence, un monde qui se délite et dans lequel la violence s’est déchaînée. Je pensais ce matin sous ma douche qu’il est tout de même étrange que ceci soit arrivé dans des pays dont la religion est une religion de paix et de recherche du bonheur.
Mais dans cette religion, la fatalité et le destin sont des failles redoutables.
Laissez entrer le vent qui, lui aussi, a froid…