Archive for August, 2013

#140

Aug 28 2013 Published by under Uncategorized

De retour de la jungle qu’est Bangkok, jungle que les animaux qui foulent son pavé, même les nouveaux venus, ne peuvent à mon sens s’empêcher ni d’aimer profondément, ni de haïr comme on pourrait haïr une ancienne maîtresse brûlante. Arrivé dans sa cohue le 25 au soir après avoir passé ma journée à attendre un bateau qui aura eu l’effronterie d’arriver en retard, je me suis dépêché de me vautrer dans le lit moelleux de l’hôtel avant de me replonger dans ses enchevêtrements dès le lendemain matin. Je suis parti dans le quartier de Wat Intharawihan en remontant le Chao Phraya pour aller acheter des pellicules photos Kodak Color même pas périmées à 65 bath l’unité (1,50 €). J’ai ensuite plongé tout mon corps dans la partie ouest de Chinatown et qui est en réalité autant chinoise qu’indienne, une espèce de fatras indescriptible où la vie grouille comme la surface pleine de bourre d’un khlong, même à l’échelle microscopique ; je dirais même surtout à l’échelle microscopique… La lumière s’est troublée, à viré au orange bure de bonze et le ciel s’est abattu d’un seul coup, me trempant jusqu’à l’os sous un ciel dont la teinte avait pris la couleur sable du Chao Phraya. Même pas le temps de me mettre à l’abri. J’ai finalement partagé une cabine téléphonique avec un chien qui n’en pouvait plus de ce temps de…

Bangkok sud - Cho Phraya

Vue de l’hôtel Chatrium
sur le Chao Phraya
au petit matin,
Bangkok, Thaïlande, août 2013

J’ai quitté la Thaïlande hier matin (3h55, heure de Paris) dans un chaos indescriptible d’embouteillages et de pollution, mais avec un chauffeur de taxi sympa, pour une fois. Je l’ai quittée sans regrets, pas mécontent même. Comme toujours, j’ai beaucoup de mal à dormir dans l’avion, même avec des bouchons d’oreille ; le sommeil chez moi est un acte solitaire qui ne souffre les bruits et les passages. Du coup, je me suis levé à 4h30 et je sais que j’aurai mon coup de fatigue sur les coups de 16h00.
Le plus dur n’est pas de revenir de voyage, ce n’est pas de quitter les endroits que l’on s’est approprié, ce n’est pas l’impression que derrière soi le monde ne s’en sortira pas une fois qu’on sera parti ; c’est la difficile réadaptation au monde de la quotidienneté, aux mécanismes de la sourde musique des jours, la température, la lumière, le rythme de vie que l’on a choisi plus ou moins intense, se caler à nouveau sur des heures qu’on s’était permis d’occulter… En quelques heures, tout s’effondre pour susciter à nouveau le désir de partir… Les voyages font du bien à l’âme pour tout ce qu’on en retient, autant que pour ce qu’on en oublie.

Voici désormais venu le temps de la recollection, de la mise bout à bout de tout, je n’ai plus le droit d’attendre.

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#139

Aug 24 2013 Published by under Uncategorized

Dernier jour complet à Pha Ngan avec mon petit scooter qui tremble de partout et qui n’aime pas les montées. Ce matin, un chat avait pissé contre le côté droit. J’ai dû me trimballer l’odeur toute la journée. J’avais prévu initialement de prendre la route nord-est pour changer un peu mais je me suis arrêté dans un BIG C à la sortie de Thongsala, parce que je ne me sentais pas très bien. Devant la grande surface, un immense espace réservé aux deux roues, prioritaires sur les voitures. A l’intérieur je me suis bien marré tandis que je soufflais deux minutes, en admirant les deux vendeurs du magasin Bata de la galerie, deux baudruches efféminées jouant à savoir qui était le plus élégant. La réponse, de là où j’étais était évidente ; aucun… Avant de repartir, je me suis assis à l’ombre de Phantip market en mangeant une brochette de boulettes de poulet pleine de cartilage et d’os, une saucisse de porc au curry et une sucette au poulet. Je suis resté là longtemps à regarder avec tendresse les gens s’affairer. Il faudra que je raconte ça un peu plus en détail, là il y a de la matière.

 

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#138

Aug 24 2013 Published by under Uncategorized

Petite balade en scooter hier, qui m’a permis de retourner à Chaloklam. La fille du restaurant m’a reconnu et n’a osé me poser la question de savoir si j’étais déjà venu qu’après m’avoir regardé plusieurs fois sans oser approcher. Acheté des épices et des citrons dans une épicerie miteuse au bord de la route. Arrivé au mauvais moment, c’est à dire pendant le moment crucial d’une série télévisée décadente en thaï (mais où apparait tout de même un européen maîtrisant parfaitement la langue) qui a plongé la patronne du magasin dans un mutisme ahuri pour lequel j’ai une sorte d’admiration. Suis allé ensuite dans le parc national de Than Sadet où je me suis dirigé vers la cascade de Phaeng. On y arrive après avoir traversé une plantation de cocotiers où il ne fait à mon avis pas bon rester trop longtemps sans bouger vu que le sol est jonché de lourdes gangues encore vertes et passablement lourdes. A l’entrée du parc, des cahutes miséreuses où vivent ceux qui exploitent le commerce assez dégueulasse des balades à dos d’éléphant, où l’on peut voir des petits singes hargneux attachés à une chaîne sous un parapluie, le tout sous le regard bienveillant, ou plutôt sous la présence censée donner bonne conscience de Ganesh qui trône dans sa niche de plâtre de pacotille.

A l’approche de la cascade, j’ai comme été pris d’un fou rire en me rendant compte qu’en lieu et place d’une cascade, il n’y avait là qu’un amas de pierres moussues où l’eau n’avait pas dû couler depuis la dernière saison des pluies. En revanche je suis resté longtemps à écouter les chants stridents d’insectes que je n’aimerais pas rencontrer personnellement. J’ai assisté béat au repas d’un lézard haut sur pattes et à très longue queue qui boulottait une chenille grosse comme trois fois son estomac avant de retourner sur Thong Sala et de rentrer, pas très rassuré alors que la nuit tombait.

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