#146

Sep 08 2013

J’ai retrouvé par hasard les photos que j’avais prises à Venise en 1993. Je pensais les avoir perdues, je ne sais pas pourquoi, peut-être simplement parce que je ne les ai pas trouvées là où je pensais les avoir mises et dans un certain sens, je suis étonné de voir que finalement elles ont réussi à me suivre après tous ces déménagements, accidentels ou non.
C’est une très belle série en noir et blanc assez simple, dénuée d’êtres humains, au cadrage sévère, au contraste élevé ; je les ai prises avec mon vieux Minolta qui ne doit plus fonctionner aujourd’hui et un filtre rouge pour la plupart. On croirait une Venise sortie des âges sombres, de l’ancienne République, mais c’est précisément ce qui la rend sauvage et charmante.

Venise

Photo © Guillaume O

A voguer ainsi sur les eaux calmes du Bosphore, Michel-Ange se rappelle la traversée qui sépare Mestre de Venise, où il s’est rendu dans sa jeunesse ; il n’est pas étonnant qu’il y ait tant de Vénitiens ici, songe-t-il. Cette ville ressemble à la Sérénissime, mais dans des proportions fabuleuses, où tout serai multiplié par cent. Une Venise envahie par les sept collines et la puissance de Rome.

Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants
Actes Sud, 2010

L’ambiance que j’y ai trouvé correspond assez bien à ce que j’en ai vécu. Ce n’est pas la Venise des gondoles et des flonflons, mais une Venise digne et rugueuse, qui serait peut-être la ville de Corto Maltese. D’ici quelques temps, j’ai pour projet de partir à Venise deux semaines. Démesuré me direz-vous ? Peut-être, mais je ne veux pas en repartir en ayant l’impression de l’avoir négligée. Je pense qu’il n’y a que de cette manière qu’on peut vraiment la connaître.

2 responses so far

  1. alors là je suis vraiment très très jalouse 🙂 J’espère y aller pour ma part une semaine en janvier ou début avril .

  2. Ne sois pas jalouse, il y a des chances pour que tu y ailles avant moi 😉